Pour signaler un harcèlement scolaire, un courriel à l’école laisse une trace datée, et l’établissement doit traiter ton signalement (sources 1, 2). Voici à qui l’adresser, quoi faire si ton enfant doit y retourner dès demain, le modèle à copier, la relance si rien ne bouge, et la fiche pour noter les faits au jour le jour.
Sommaire
Signaler par écrit :
le mode d’emploi
- À qui — à la direction de l’école ; au collège et au lycée, au chef d’établissement, avec le CPE et le professeur principal en copie.
- Comment — par l’adresse officielle de l’établissement ou la messagerie de l’ENT, en gardant une copie de l’envoi.
- Quoi — des faits datés, avec les mots de ton enfant, et trois demandes : des mesures de protection, un adulte référent, un rendez-vous puis un point de suivi.
- En urgence — s’il a peur d’y retourner, a été blessé ou menacé : appelle l’établissement le matin même, sans attendre la réponse ; en cas de danger, le 17 ou le 112. S’il parle de mourir ou de se faire du mal, le 3114 ; si tu crains un geste suicidaire dans l’immédiat, le 15 ou le 112 (sources 2, 3, 4, 5).
- Sans réponse — une relance avec une date limite ; si les violences continuent, n’attends pas : l’établissement le jour même, puis les référents harcèlement (sources 6, 7).
- La fiche — une ligne par épisode et par démarche, qui reste privée.
Signaler un harcèlement scolaire : à qui écrire ?
À l’école primaire, ton courriel s’adresse à la direction de l’école (source 7). Au collège et au lycée, il va au chef d’établissement, principal ou proviseur, avec le conseiller principal d’éducation (CPE) et le professeur principal en copie. Utilise l’adresse officielle de l’établissement ou la messagerie de l’espace numérique de travail (ENT), et garde une copie de l’envoi.
Pourquoi par écrit ? Le courriel laisse une trace datée ; le rendez-vous qui suit permet d’expliquer, de poser tes questions et de repartir avec des engagements. Tu n’as pas besoin d’avoir des preuves pour écrire : l’établissement doit examiner ton signalement avec ses équipes (sources 1, 2).
Si ton enfant doit y retourner demain
Ton enfant a peur d’y retourner, a été frappé ou menacé, et la réponse de l’école n’est pas encore arrivée.
Il refuse d’y aller · il a été blessé · on l’a menacé · les violences ont repris · il parle de mourir ou de se faire du mal
N’attends pas la réponse au courriel : appelle l’établissement dès l’ouverture pour savoir qui l’accueille et quelles mesures de protection s’appliquent dès aujourd’hui ; la protection de l’élève est la priorité du protocole (sources 2, 6).
En cas de danger, le 17 ou le 112 ; s’il a été blessé, un médecin peut l’examiner et établir un certificat médical initial (sources 3, 8).
S’il parle de mourir ou de se faire du mal, le 3114 répond, à lui comme à toi, gratuitement et 24 h/24, y compris à La Réunion ; si tu crains un geste suicidaire dans l’immédiat, ne le laisse pas seul et appelle le 15 (Samu) ou le 112 (sources 4, 5, 9, 10).
Si tu le gardes à la maison, préviens l’école le jour même en expliquant pourquoi : toute absence doit être signalée et justifiée (source 11).
Signaler, ce n’est pas qualifier : c’est l’établissement qui examine la situation, et ce n’est pas à toi d’établir qu’il s’agit de harcèlement. Le protocole national prévoit alors des mesures de protection, un adulte référent pour ton enfant, des nouvelles de lui chaque jour et une information régulière de la famille : ce sont ces actions concrètes que ton courriel demande (sources 6, 7).
Que noter avant d’écrire ?
Un seul épisode peut déjà compter ; mis bout à bout, plusieurs dessinent une situation. Les noter t’aidera à l’expliquer à l’école, à vérifier si les mesures prises fonctionnent et, si tu le décides un jour, à porter plainte.
Pour chaque épisode, tu peux consigner la date et l’heure, le lieu (classe, cour, cantine, trajet, en ligne), ce qui s’est passé avec les mots exacts rapportés par ton enfant, les personnes présentes, et ce que tu as constaté ensuite : une blessure, une affaire abîmée, une nuit difficile, une absence (source 12).

Note ce qu’il raconte quand il en parle, sans le questionner chaque soir ni lui faire répéter son récit : ce n’est pas à lui de constituer le dossier.
Et pour chaque démarche : à qui tu as parlé, quand, et ce qui t’a été répondu.
Des faits plutôt que des conclusions : « Mardi, à la cantine, deux élèves ont renversé son plateau en le traitant de… » sera plus utile que « toute la classe le harcèle ». Il ne s’agit pas de rédiger un procès-verbal, seulement de permettre à quelqu’un d’autre de comprendre.
La fiche de suivi, côté faits
Date et heure · un mardi, 12 h 30
Lieu · cantine
Ce qui s’est passé, avec les mots exacts · plateau renversé par deux élèves, insulte « … »
Personnes présentes · deux élèves de sa classe, un adulte de surveillance
Conséquences constatées · pleurs le soir, refus de dîner
Trace conservée · récit noté le soir même
Source · exemple fictif, fiche proposée par la rédaction
Si ton enfant est blessé ou très atteint, un médecin peut l’examiner : son certificat médical initial pourra servir (source 8).
En ligne, les preuves disparaissent vite : avant de bloquer un compte ou d’effacer un message, des captures d’écran gardent le contenu, le nom du compte, la date et, si possible, l’adresse de la page (source 3). L’application 3018 propose un coffre-fort numérique pour les stocker et les transmettre à ses équipes (source 13).
Ces captures montrent souvent les noms, les visages ou les messages d’autres mineurs : elles ne servent qu’à l’école, aux forces de l’ordre ou au 3018. Les publier sur les réseaux sociaux ou dans un groupe de parents, même pour alerter, exposerait davantage ton enfant, et pourrait te mettre toi-même en difficulté.
Et ce n’est pas à ton enfant d’aller chercher des preuves en filmant ou en provoquant ceux qui s’en prennent à lui : ce rôle n’est pas le sien, et il pourrait se mettre en danger.
La fiche de suivi, côté démarches
Date · le lendemain
Personne contactée, et sa fonction · CPE
Moyen · courriel, puis rendez-vous
Ce qui a été dit ou décidé · adulte référent désigné, surveillance renforcée à la cantine
Prochaine étape et date · point de suivi dans dix jours
Source · exemple fictif, fiche proposée par la rédaction
La fiche de suivi se remplit une ligne par épisode, le jour même si possible. Elle reste privée : elle ne sert qu’à l’école, au 3018, aux forces de l’ordre ou au professionnel qui accompagne ton enfant.
Pour ta propre fiche, recopie ces colonnes dans un cahier ou un tableur, ou imprime la fiche vierge :
- côté faits : date et heure, lieu, ce qui s’est passé avec les mots exacts, personnes présentes, conséquences constatées, trace conservée ;
- côté démarches : date, personne contactée et sa fonction, moyen, ce qui a été dit ou décidé, prochaine étape et date.
Pour bien remplir la fiche
Note ce qui s’est passé, tel que ton enfant l’a raconté : c’est ce qui aide le plus l’école, plus que les jugements sur les autres enfants.
Garde les originaux (messages, photos, certificats) dans un dossier protégé, et note où chacun se trouve.
Ne les copie pas et ne les diffuse pas, même pour prouver les faits : quand l’image d’un mineur présente un caractère pornographique, la loi punit sa détention comme sa diffusion. Garde les messages, le nom du compte et l’adresse de la page, et signale sans attendre au 3018 et à la police ou à la gendarmerie, qui te diront comment conserver le reste (sources 14, 15).
Relis la fiche : elle t’aidera à rester précise, même si l’émotion monte.
Conseils de la rédaction ; pour les images intimes, Code pénal et Cybermalveillance.gouv.fr.
Le modèle de courriel à copier
Ce modèle sert à signaler un harcèlement scolaire une première fois, par écrit. Envoie-le à la direction de l’école (source 7) ou, au collège et au lycée, au chef d’établissement, avec le CPE et le professeur principal en copie, par l’adresse officielle de l’établissement ou la messagerie de l’ENT.
Il pose des faits datés, avec les mots de ton enfant, et trois demandes : des mesures de protection, un adulte référent, un rendez-vous puis un point de suivi. Pas besoin de preuves pour l’envoyer : l’établissement doit examiner ton signalement (sources 1, 2).
Si ton enfant a peur d’y retourner demain, a été blessé ou menacé, n’attends pas la réponse : appelle l’établissement dès l’ouverture ; en cas de danger, le 17 ou le 112 (sources 2, 3, 6). Le détail est dans le Point de vigilance plus haut.

Pas de réponse : la relance
Il n’existe pas de délai officiel de réponse, mais le protocole prévoit de protéger l’élève sans attendre (source 2) : si rien ne se passe dans les jours qui suivent, ou si les mesures annoncées n’arrivent pas, un second courriel rappelle les dates et fixe une échéance.
Si les violences continuent malgré ton signalement, ce n’est plus une simple relance : préviens l’établissement le jour même de chaque nouvel épisode et contacte sans attendre les référents harcèlement ; en cas de danger, le 17 ou le 112 ; et la plainte reste possible à tout moment (sources 3, 6).

Les référents harcèlement du département et de l’académie interviennent pour l’école primaire comme pour le collège et le lycée, en interlocuteurs privilégiés des familles (sources 6, 7).
Pour les joindre : la ligne harcèlement de ton académie, dont les coordonnées sont sur education.gouv.fr, rubrique « Non au harcèlement », ou le 3018, qui relaie la situation (sources 12, 16). À La Réunion, l’académie indique le 3018 et l’adresse social.secretariat@ac-reunion.fr (source 17).
Avant d’envoyer
Si ton enfant a nommé des élèves, rapporte ses mots sans les qualifier toi-même : « [prénom] m’a dit que… ».
Des faits datés et des demandes précises donnent à l’école de quoi agir, et à toi de quoi vérifier ensuite ce qui a été fait. La plainte, si tu la décides, est une démarche à part.
Jamais d’images intimes, et des captures limitées au nécessaire.
Ne contacte pas toi-même l’élève mis en cause ni ses parents : le ministère et Service-Public le déconseillent, cela peut aggraver la situation ; c’est à l’établissement d’organiser les échanges (sources 6, 12).
Conseils de la rédaction ; pour l’autre famille, ministère de l’Éducation nationale et Service-Public.
Un courriel ne règle pas tout, mais il pose les faits, à une date précise, avec des demandes claires. Et si rien ne bouge, tu sais vers qui te tourner : notre article sur le harcèlement scolaire détaille tous les recours, jusqu’à la plainte.
Faut-il des preuves pour écrire à l’école ?
Non. L’établissement doit examiner ton signalement, même sans preuve (sources 1, 2) ; tes notes et tes captures l’aideront à établir les faits.
Puis-je nommer les élèves dans mon courriel ?
Oui, en rapportant les mots de ton enfant, sans les qualifier toi-même : « [prénom] m’a dit que… ». C’est ensuite à l’établissement d’examiner la situation (sources 6, 7).
Et en maternelle ?
Même démarche : la direction de l’école, avec l’enseignant de ton enfant (source 7). Si la situation relève du harcèlement, la direction suit un protocole de prise en charge avec l’inspecteur ou l’inspectrice de l’Éducation nationale de la circonscription, et le directeur prend chaque jour des nouvelles de ton enfant (sources 2, 7).
Et si l’école ne répond pas ?
La relance fixe une date. Passé ce délai, les référents harcèlement du département ou de l’académie, joignables par la ligne académique ou par le 3018, peuvent prendre le relais (sources 6, 12) ; à La Réunion, l’académie indique l’adresse social.secretariat@ac-reunion.fr (source 17). Si les violences continuent, n’attends pas la date : l’établissement le jour même, les référents, et le 17 ou le 112 en cas de danger.
Mon enfant a peur d’y retourner demain : que faire ?
N’attends pas la réponse au courriel : appelle l’établissement dès l’ouverture pour savoir qui l’accueille et quelles mesures de protection s’appliquent dès aujourd’hui. Si tu le gardes à la maison, préviens l’école le jour même et explique pourquoi : toute absence doit être signalée et justifiée (sources 2, 11). Le détail est dans le Point de vigilance plus haut.
Nos sources
Source 1 · Ministère de l’Éducation nationale, Qu’est-ce que le harcèlement ? (article L111-6 du Code de l’éducation), 10 décembre 2025
Source 2 · Ministère de l’Éducation nationale, pHARe : un dispositif de lutte contre le harcèlement à l’école, 8 décembre 2025
Source 3 · info.gouv.fr, Cyberharcèlement : comment le reconnaître et agir ?, 25 septembre 2026
Source 4 · Ministère chargé de la Santé (sante.fr), Le numéro national de prévention du suicide, mise à jour le 6 juillet 2026
Source 5 · Ameli.fr (Assurance maladie), Remboursement de séances chez le psychologue : dispositif Mon soutien psy, 16 septembre 2026
Source 6 · service-public.fr, Harcèlement scolaire au collège et au lycée, vérifié le 4 novembre 2025
Source 7 · service-public.fr, Harcèlement scolaire à l’école primaire, vérifié le 15 octobre 2026
Source 8 · Haute Autorité de santé, L’incapacité totale de travail (ITT), un paramètre clé, infographie, novembre 2019
Source 9 · ARS La Réunion, Communiqué sur le 3114 à La Réunion, 10 septembre 2025
Source 10 · 3114, numéro national de prévention du suicide, Que dire ? Quoi faire ?, consultée le 27 octobre 2026
Source 11 · service-public.fr, Assiduité scolaire et absentéisme, vérifié le 6 novembre 2025
Source 12 · Ministère de l’Éducation nationale, Mon enfant est victime de harcèlement, mise à jour de novembre 2023
Source 13 · Association e-Enfance / 3018, L’application 3018, modifiée le 16 octobre 2026
Source 14 · Légifrance, Code pénal, article 227-23, version consolidée au 26 octobre 2026
Source 15 · Cybermalveillance.gouv.fr, Que faire en cas de sextorsion ?, mise à jour du 31 mars 2025
Source 16 · Ministère de l’Éducation nationale, Politique de lutte contre le harcèlement à l’École, mise à jour du 24 août 2026
Source 17 · Académie de La Réunion, Comment repérer, signaler et accompagner votre enfant ?, consultée le 27 octobre 2026
Informations vérifiées le 28 octobre 2026.
